La famille et l’évolution du vocabulaire
Par Mijo Beccaria le mercredi, mars 9 2011, 14:33 - Couples - Lien permanent
Il n’y a pas si longtemps, les choses étaient plutôt simples. On avait des amis, un fiancé, un mari. On se mariait jeune, parfois dès 18 ans pour les filles, presque toujours avant 25 ans.
Les mœurs ont changé et les mots eux-mêmes n’ont plus le même sens. Ainsi celui d’ami, d’une grande banalité. Mais si l’on a entre 15 et 17 ans et si on y ajoute le qualificatif de petit, c’est celui avec qui l’on « sort ». Un amoureux, parfois plus. Celui que l’on a choisi, qui occupe vos pensées et les élans de votre cœur… pendant un certain temps. Car un petit ami n’est pas durable. On peut, on doit même en changer. Statut éphémère, transitoire, qui n’a rien d’officiel. Les parents eux-mêmes s’embrouillent parfois dans le prénom de l’élu du moment. Sous cette apparente légèreté, cette première expérience affective et sexuelle est souvent déterminante.
Vient ensuite le temps des copains. Autrefois, le terme était employé plutôt au masculin pluriel : bandes de garçons, amateurs de sports et de sorties. Quand on l’emploie au singulier et qu’il est précédé d’un possessif, tout change ! Mon copain, ma copine c’est une autre affaire. L’engagement est plus socialisé, quasi officiel. Une sorte de situation para-conjugale qui peut durer des années mais qui n’implique pas toujours la cohabitation..La rupture, souvent douloureuse, reste toujours présente dans le conscient ou l’inconscient. Et puis mon copain, ma copine a presque toujours moins de 30 ans. C’est un état de jeunesse.
L’âge avançant, des choix restent possibles. On peut s’installer durablement dans cet état non formalisé, vivre en couple, c’est-à-dire selon le terme juridique mais bien inélégant de « concubinage notoire ». On parle alors de ma compagne, mon compagnon, le mot lui-même implique une certaine stabilité. Et 52 % des 800 000 naissances annuelles naissent au cœur de ces couples non mariés, dont les ruptures restent aisées, administrativement parlant. On peut aussi se lier par le Pacs mais on ne sait pas quel mot on se définit entre soi.
On peut enfin se marier. Souvent avec son copain, sa copine, mais le terme de fiancé préalable au mariage n’a plus guère de raison d’être. On devient alors mari et femme pas toujours pour très longtemps. Autre nouveauté linguistique : le préfixe ex, entré massivement dans le vocabulaire amoureux et/ou conjugal. On parle de son ex belle-mère, ex-mari, ex-copine, désignant ainsi des personnes avec qui les liens sont rompus mais qui existent encore dans son panthéon personnel. On parle aussi d’un ex tout court, au singulier ou au pluriel, sans substantif accolé. Un ex c’est une personne qui a traversé votre vie sentimentale ou sexuelle, on peut donc avoir beaucoup d’ex !
Sociologie simplette ? Sans doute mais l’émergence de mots nouveaux traduit toujours des réalités inédites. Aujourd’hui entre 15 et 30 ans, les jeunes générations entament un long parcours affectif, souvent chaotique et qui n’a rien d’univoque. Chacun traverse des états successifs, vit des expériences multiples dans une grande liberté apparente mais sans boussole, sans aide psychologique, sans repères éthiques.
L’Eglise qui a su inventer une pastorale de mariage n’a pas encore trouvé la façon pertinente d’accompagner ces nouveaux modes de vie. Et si cela pouvait être un des enjeux de cette année de la Famille ?
Mijo Beccaria, mariée, 4 enfants et 11 petits-enfants, a été directrice générale de Bayard Presse et présidente du Bureau international catholique de l’Enfance (BICE). Elle est aujourd’hui vice-présidente de la Fondation des Apprentis d’Auteuil.
Commentaires
" Chacun ( des 15 - 30 ans ) traverse des états successifs, vit des expériences multiples dans une grande liberté apparente mais sans boussole, sans aide psychologique, sans repères éthiques.
L’Eglise qui a su inventer une pastorale de mariage n’a pas encore trouvé la façon pertinente d’accompagner ces nouveaux modes de vie. Et si cela pouvait être un des enjeux de cette année de la Famille ?"
Voilà un défi qui me plaît !
5éme d'une famille de 11 enfants, et aujourd'hui bientôt grand-père de plus de 20 petits-enfants, fort de l'expérience de père de 7 ( 3 filles, 4 garçons ) et de celle de visiteur de prison puis d'aumônier notamment chez les mineurs, il me semble qu'il est urgent de témoigner - en n'hésitant pas à mettre le doigt sur ce qui fait mal, non pour culpabiliser un peu plus, mais simplement pour éclairer, tout en tirant les leçons de ses propres expériences ( personnelles, familiales, sociales ) qui pourraient servir de "boussole" de "repères" pour ceux qui arrivent à notre suite.
Les témoignages à cet égard, qui n'éludent ni les moments de bonheur ni les moments de difficultés, sont ultra précieux.
J'aime dire quant à moi que ma femme est celle avec qui je m'entends le mieux mais aussi celle avec je m'engueule le plus.
Pas d'absolu!!! Mais des réflexions à partir du vécu.
Enfin je n'entends pas ( pas du tout?...,même pas de la part d'asso. dont la mission est de défendre les enfants maltraités ) dire ( sans inventer ) les souffrances des enfants déchirés par la malchance d'avoir des parents qui ne s'aiment plus. Sachant que l'amour, par-delà l'état amoureux des débuts, se construit au jour le jour. Avec de la volonté bien entendu, ce qu'ignorent plus de la moitié des 15 - 35 ans...
Qui le leur dira?
Moi je pense à un roman tiré du vécu, facile à lire et pas cher...., pour une large diffusion.
Mais pas seulement...
René, un papy amoureux.
Merci Marie-Bé de corriger mes imprécisions. Je suis d'accord avec vous, il serait absurde d'opposer vérité et charité puisque notre Dieu est charité et est aussi vérité. Regardons donc comment le Christ se comporte avec ceux qu'il rencontre.
Du peu que je connaisse les écritures, il me semble que Jésus attend d'abord de ses interlocuteurs la foi et non la rectitude morale. Il condamne beaucoup plus durement des gens à la morale irréprochable (les pharisiens) que des "pécheurs publics" (les publicains et les prostituées), allant même jusqu'à déclarer, si je ne me trompe pas, que les seconds précèdent les premiers dans le Royaume.
Il ne commence pas par dire à Zachée que son comportement est moralement inadmissible, mais par s'inviter chez lui, par recevoir de lui à manger et à boire. C'est il me semble la rencontre avec le Christ qui met Zachée sur un chemin d'amélioration morale, alors que la perfection morale n'a jamais conduit à la foi.
Concernant la fin de mon précédent commentaire, les propos du cardinal Billé repris par Mgr Dagens dans son dernier rapport pour les évêques de France la rendront peut-être plus claire :
Nous ne pouvons pas "penser l'annonce de l'Évangile sur le seul mode du don, de l'apport, de la proposition à des hommes et des femmes qui auraient tout à recevoir, mais rien à dire ou rien à donner. Mais nous savons bien qu'il n'existe pas d'évangélisation sans dialogue. Nous ne pouvons pas apporter toutes les réponses avant d'avoir écouté les questions. Nous ne pouvons pas écouter seulement les questions pour lesquelles nous avons des réponses. Le dialogue à vivre est d'ailleurs au-delà du rapport entre les questions et les réponses. II tient à ce qu'un même Esprit est à l'œuvre chez l'évangélisateur et chez l'évangélisé et que le premier, s'il sait ce qu'il propose, accepte aussi d'être converti par celui qui a bien voulu l'écouter." ( Cardinal Louis-Marie Billé, Lourdes, 2000)
Manu, important en effet de veiller à ne pas laisser détourner de son sens l’Evangile. Attention donc aux affirmations rapides.
Or, concernant votre affirmation ci-dessous : « Jésus ne dit rien sur celui ou celle qui est répudié » : on trouve la parole suivante de Jésus rapportée par Matthieu en 5, 32 a: «Eh bien moi, je vous dis : tout homme qui renvoie sa femme-sauf en cas d’union illégitime-la pousse à l’adultère.»
Puisque Jésus dit que la répudiée est poussée à l’adultère, c’est donc que si elle se remarie (même répudiée) elle est adultère. On ne peut donc pas dire ni laisser dire que l’Evangile ne dit rien au sujet des répudiés remariés. Et même, en une seule phrase, Jésus dit ici (au moins) trois choses : que même le répudié remarié est adultère ; qu’il y a des circonstances atténuantes et une gradation des fautes, car dans certains cas on peut y être poussé; que si la répudiation doit être réprouvée, c’est principalement en tant qu’elle pousse le répudié à l’adultère. Ce dernier point montre d’ailleurs que c’est bien le remariage qui accomplit l’essentiel de la faute, plus que la séparation, laquelle d’ailleurs est parfois inévitable et ne fait pas pour cette raison l’objet d’un commandement explicite dans l’Evangile.
Concernant ensuite votre affirmation « quand Jésus rencontre la Samaritaine, il ne semble pas qu'il lui fasse des leçons de morale sur ses sept maris et son concubinage», le sujet n'est pas celui d'une 'leçon de morale' et pourtant on trouve tout de même dans ce passage (Jean, 4, 17-18) : « La femme lui répondit : Je n'ai pas de mari. Jésus lui dit : Tu dis bien : Je n'ai pas de mari ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.»
Enfin s’agissant de votre conclusion « Nous, les membres du Corps du Christ dans ce monde, serions-nous aujourd'hui capables de demander à boire à cette samaritaine pas très catholique ? ». Ici je souhaite m’ériger vigoureusement contre une tendance facile que j’observe à opposer morale et miséricorde. A y regarder de près j’y vois un procès d’intention : accuser les gens qui défendent la morale (fondement, rappelons le, de la justice), de manquer à la charité. En réalité c’est l’inverse, morale et vraie charité (qui ne peut pas consister à occulter le péché) doivent aller de pair.
Merci Anne-Marie A. de vos propos sincères et délicats.
J'avoue me lasser un peu de ces commentaires qui font parler Jésus pour justifier leur vision du monde.
Oui, selon les Évangiles, le Christ dit que celui ou celle qui répudie sa femme ou son mari pour en épouser une ou un autre est adultère (en passant, Jésus ne dit rien sur celui ou celle qui est répudié).
Mais le Christ nous dit aussi que quiconque regarde une femme pour la désirer est adultère. Et voilà une bonne partie de la gente masculine concernée ! (peut-être pas parmi les honorables lecteurs de ce blog, mais je vous assure que dehors si...) Serait-ce moins grave parce que cela ne se voit pas ?
Et quand Jésus rencontre la samaritaine, il ne semble pas qu'il lui fasse des leçons de morale sur ses sept maris et son concubinage. Il lui dit : "Donne moi à boire".
Nous, les membres du Corps du Christ dans ce monde, serions-nous aujourd'hui capables de demander à boire à cette samaritaine pas très catholique ?
« L'Eglise qui a su inventer une pastorale du mariage ... ». La pastorale c'est par définition le mode relationnel entre un pasteur et son troupeau – image courante dans les évangiles. Il ne s'agit pas d'accompagner - au sens de suivre le troupeau là où il va - mais de le guider vers les pâturages adéquats et le défendre contre les « loups ». C'est le rôle de l'Evêque et des prêtres qui disent la parole du Christ, la Vérité divine qui « donne la vie en abondance ». Cette pastorale est donc basée sur le dogme catholique – qui n'a pas été inventé mais est la formalisation de la révélation, c'est à dire du Vrai Bien et du Bon parmi tout ce qui nous est possible (mais non permis). La part d'invention est donc limité à l'expression. C'est un travail sur nous même qui nous est demandé et que nous ne pouvons réaliser qu'avec le Christ, parce que nous croyons en lui, parce que nous sommes chrétiens.
Ceci implique le mariage chrétien.
La « pastorale » des couples non mariés, voire des familles monoparentales, si on la prend au sens de l'action du pasteur (de l'évêque et de ses prêtres) ne peut être une écoute empathique, un soutien psychologique dans un mode de vie qui, d'une certaine façon, cautionnerait ce mode de vie réfuté par le Christ.
La pastorale des couples non mariés serait donc un travail de conversion accepté par le couple pour atteindre l'idéal d'engagement du mariage chrétien.
Pour certains couples cela est a lieu et ils entrent d'eux-mêmes dans la « pastorale du mariage » standard dirais-je.
Pour les autres, ceux qui ne le veulent pas, quel intérêt d'inventer – là on peut parler d'invention purement humaine- une « pastorale » qui va contre leur besoins ?
Et peut-on inventer une pastorale pour les famille monoparentales ? Cela a t'il un sens ?
Si tout va bien, tout va bien !
Si tout va mal, tout va mal et l'Eglise n'a pas les méthodes, les structures, les sciences psychologiques pour « guérir » ces personnes qui sont malheureusement tombées dans cet état. Tout le travail pastoral, je dirais même sociaux-éducatif, était à faire en amont.
Mais il n'est pas fait car soit il l'est mal, soit les personnes n'en veulent pas (on ne peut imposer à un couple d'entrer dans l'Eglise et d'épouser les dogmes catholiques).
L'Eglise catholique a déjà d'immenses difficultés à forger des chrétiens « stables » puis à les conduire au mariage chrétien (nombre de mariages à l'Eglise - dans l'église - ne sont pas tous chrétiens) qui impose de ne pas épouser les idées du siècle.
Pour réparer les malheurs des couples – dans les quelques cas où c'est possible – les conseillers matrimoniaux et autres psychologues sont tout à fait adéquats, je ne pense pas qu'une pastorale du remariage ou de la réorientation conjugale puisse prendre sens.
je retiens votre dernier §.J'aime beaucoup de partir du vocabulaire. Ma soeur, secrétaire médicale, m'a dit être frappée récemment par l'augmentation du nombre de pères se disant "célibataires", signifant clairement qu'ils ne se sentent pas engagés dans leur vie de couple ou de parent.
je suis moi-même témoin de beaucoup de parcours non linéaires : 90 % de nos amis aujourd'hui sont séparés - et nous naviguons dans des eaux à référence chrétienne : il ne s'agit donc pas pour moi de foi, comme certains commentaires le proclament -un peu fort je crois- mais plutôt de difficultés, de manque de soutiens, de moyens pris : par ex, certains amis ont affronté leur pb à bras le corps avec une thérapie familiale ou un conseil familial...et s'en sortent vraiment bien, grandis de cette traversée qui pourtant semblait bien mal partie, d'autres proclamant haut et fort leur foi, arrivent à une impasse par manque de dialogue et refus de regarder les pb de façon "vraie".
Je pense souvent dans ces accompagnements à la phrase de Luc Ferry (j'aime que nos références ne soient pas que chrétiennes !) : "Inutile de se voiler la face : il convient d'affronter les difficultés et de tenter de les surmonter par des réponses appropriées " (Lettre à ceux qui aiment l'école); L'Eglise (et nous tous ) avons peut-être à creuser ce bon sens-là...
je pense aussi que la famille chrétienne aujourd'hui a vraiment un témoignage évangélique unique aujourd'hui, je dirais une mission particulière, si je vais au bout de ma pensée : dans certains siècles, ce fut telle ou telle forme de vie religieuse ou d'engagement spécifique, en ce 21ème siècle, je "sens" tellement l'urgence de ce témoignage pour notre monde qui se meurt de toutes ces souffrances vécues dans ce cadre (cf les suicides, les soufrances psychologiques chez des jeunes). Que Jésus ferait-il ? Que va-t-il nous inspirer ? Notre baptême nous invite à INVENTER une autre écoute et soutien, d'abord en regardant les situations : rien n'est aussi simple que ce que certains commentaires le laissent croire, d'après moi. je suis convaincue que c'est le débat parfois contradictoire qui fait avancer; je vois le risque de se replier sur nos certitudes du siècle passé : tout n'est pas à rejeter dans les nouvelles formes de vie familiale : ne nous prenons pas pour l'Esprit-Saint : je me méfie beaucoup des certitudes : le questionnement est beaucoup plus évangélique (cf Jésus et le dialogue avec les hommes et les femmes qu'il rencontre et Paul avec les questions des communautés de son temps et les questions d'alors : ses réponses sont nuancées : liberté mais responsabilité etc... : relisons Paul, en sachant faire la part des préjugés de son temps, entendre le coeur de son message, là où l 'Esprit peut nous dire qqch, dans nos intelligences d'aujourd'hui.
je souhaiterais que des conseillers conjugaux ou familiaux puissent s'exprimer sur ces sujets : leur écoute profonde nous donnerait des regards plus ouverts sans doute. Pour finir, je pense que c'est dans l'accompagnement en profondeur des personnes (croyantes ou non) qu'on peut vraiment écouter ce que "l'Esprit dit aux Eglises" aujourdhui...
Anne-Marie Auger
mariée, 3 enfants de 12, 7 et 5 ans, simple catholique du diocèse de Versailles amenée à écouter plusieurs situations de famille...
Sur l’objectif d’ouverture au monde, on ne peut qu’être d’accord : c’est Vatican II, c’est vous, c’est nous, il n’y a pas de sujet.
Mais le moyen pour y arriver ne peut résider dans le fait de sélectionner, dans l’Evangile, ce qui convient pour correspondre aux modes de vie dominants, et d’en éloigner le reste. Cela, l’Evangile nous dit que ce n’est pas acceptable. Comme le dit saint Basile, le propre du fidèle, « c’est de se conformer avec cette totale certitude à ce qu’expriment les paroles de l’Ecriture et ne pas oser en retrancher ou en ajouter une seule » (Moralia, Regula : LXXX, XXII, PG 31, 867).
Il est vrai qu’il y a matière à inventer et notre Église ne manque pas de le faire. Mais une chose est sûre, la voie ne peut être celle de la dénaturation du message de l’évangile en jetant le doute sur la valeur de tel ou tel commandement alors que tous conditionnent, le Christ nous le dit, l’entrée dans la vie : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mt 19, 17).
D’une manière ou d’une autre d’ailleurs nous sommes tous pécheurs. Quel sens y aurait-il donc, en Eglise, à manifester de la bienveillance vis-à-vis de certains péchés, au demeurant qui plus est de péchés publics (concubinage, remariage) et portant parfois les préjudices les plus graves à d’autres personnes (potentiellement : les répudiés et les enfants dans le cas du remariage)? Où mettre alors la limite et à quel titre? Faire la différence entre les péchés qui seraient socialement acceptés (si l’on peut dire…) et ceux qui ne le seraient pas ? cela serait grave et lourd d’injustice pour les plus faibles et pour les victimes.
Bien d'accord avec la description de la situation et avec le souci "d'accompagner". Mais la généralisation est deux fois fausse. D'une part il y a quelques irréductibles qui n'ont pas de "copain/copine" avant le mariage et qui se marient pour toujours. D'autre part accompagner veut-il dire suivre la route tracée par la déchristianisation, ou aider à trouver la route de l'Evangile ? Jésus continue de dire "Suis-moi !" Depuis le début il emmène les gens ailleurs. L'Eglise doit-elle faire le contraire, c'est-à-dire suivre le mouvement ?
Ces amis (es) copains (ines) ex. mais aussi ces maris, épouses, etc... ne savent pas, hélas, que Jésus est la Vie de leur vie... aussi je les prends chaque jour dans ma prière et sollicite pour eux la grâce de la Lumière et de la découverte de la Vérité. C'est le meilleur que l'on puisse leur souhaiter !
Je donne pleinement raison à Mijo d’observer avec lucidité que des questions aussi graves que la séparation et le divorce sont indissociables de questions apparemment plus diffuses et innocentes comme par exemple les comportements relationnels de la jeunesse. De fait, comment imaginer un instant une société sans divorce et recomposition de masse, lorsque le pli de vivre en couple et de pouvoir changer de partenaire est pris dès la prime adolescence ? Il s’agit bien là d’une seule et même question, et je suis ravi de voir enfin quelqu’un oser aborder de front ces différentes questions sur ce blog.
Maintenant, la question qui se pose à nous est simple : a-t-on confiance en le Christ ou se défie-t-on de lui ? Sur la question de pouvoir changer d’époux, le Christ a pris position avec une clarté inéluctable : changer d’époux est ce qu’il appelle adultère (Mc 10, 11-12), et ne pas le faire constitue son second commandement, juste après celui de ne pas tuer, avant celui de ne pas voler. Sur l’éducation sentimentale et affective des jeunes, on ne trouve peut-être pas dans les évangiles de messages aussi spécifiques. Mais, les deux questions étant (je rends hommage à Mijo d’avoir l’honnêteté de les traiter ensemble) indissociables, la situation est à mon sens simple et sans échappatoire : ou bien on opte pour acquiescer dans les grandes lignes à la permissivité dominante mais alors on n’a pas le droit de se déclarer chrétien, pas plus que de se déclarer disciple de quiconque dont on méconnaîtrait des propos centraux à ses yeux ; ou bien on se déclare chrétien et on rejette non seulement toute idée de changement de partenaire et remariage à l’âge adulte, mais également tout ce qui y conduit dès l’adolescence. Sinon à quoi bon aller se faire apposer les cendres sous le sceau de « Convertissez-vous, croyez en l’Evangile ».
je suis entièrement d'accord avec votre analyse,
mais on peut aussi traduire par une perte de repères qui nous interpelle tous !
l'église en a conscience avec la chute pas seulement des vocations ! !!!
si les jeunes ne pratiquent plus, il n'y a plus de denier du culte, plus de mariages, d'enterrements à l'église
les caisses des diocèses en souffrent
le carême 2011 devrait être un temps de conversion
comment vaincre l'ignorance religieuse
à mon avis le monde aspire au changement ?
C 'est le TEMOIGNAGE DE LA JOIE DE VIVRE L'EVANGILE DE LA JOIE
les jeunes seront nombreux à MADRID aux JMJ
et à ROME pour la B EATIFICATION de JEAN-PAUL II
BENOÎT XVI veut nous éclairer, il est notre lumière
mais à nous de nous bouger
"Et si cela pouvait être un des enjeux de cette année de la famille"...dites-vous. Mais c'est JUSTEMENT l'enjeu de cette année de la famille, tel que je le comprends, pour accompagner ceux, et ils sont en majorité, qui sont loin...!, Malheureusement, les propos comme le vôtre sont très rares encore et je crains que l'ensemble des contributions restent muettes sur la manière pertinente d'accompagner ces nouveaux modes de vie.
Nous sommes au moins deux à souhaiter plus d'ouverture et de concret, C'est un début !
André B.
bravo pour ce petit article qui fait mouche, plein d'humour ce qui ne lui enlève rien de sa profondeur.
on pourrait l'envisager d'un autre point de vue, celui de l'entourage... est-ce que ce petit ami, copain, ou autre est ma belle fille ou mon gendre par exemple. Il y
comment se positionner en tant que parent ou frère ou sœur devant ce vocabulaire qui nous parle d'une réalité ?
il y a de beaux jours pour les nouveaux mots à inventer...